Ottawa, le 8 juin 2026 – Le député de Repentigny et porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Environnement et de Changements climatiques, Patrick Bonin, dénonce vivement les dispositions du projet de loi C-30 qui permettraient au gouvernement fédéral d’infirmer des décisions scientifiques de Santé Canada et de réautoriser des pesticides jugés dangereux pour l’environnement.
« Avec le projet de loi C-30, le gouvernement Carney pourra infirmer des décisions basées sur la science. C’est un précédent extrêmement préoccupant. Lorsqu’il est question de santé publique, de biodiversité et de protection de l’environnement, les décisions doivent être guidées par les données scientifiques, pas par des considérations politiques ou économiques », affirme Patrick Bonin.
Le projet de loi permettrait notamment au Conseil des ministres de contourner les évaluations réalisées par les experts de Santé Canada et d’autoriser, pour une période pouvant atteindre six ans, l’utilisation de pesticides dont les risques pour l’environnement ont pourtant été reconnus.
« C’est une véritable boîte de Pandore et ça laisse craindre de graves dérives, d’autant plus que la proximité entre le gouvernement Carney et le lobby pétrochimique est notoirement connue. Il s’agit du plus important recul en matière d’encadrement des pesticides depuis l’adoption de la Loi sur les produits antiparasitaires en 2002 », affirme Patrick Bonin
Cette orientation est dénoncée par un nombre grandissant d’experts. Vingt-et-un chercheurs provenant de treize universités canadiennes ont demandé au gouvernement de retirer ces dispositions, estimant qu’elles compromettent l’intégrité scientifique du système réglementaire canadien. Plus de vingt-cinq organisations de défense de l’environnement et de la santé publique ont également exprimé leur opposition, dont Équiterre, la Fondation David Suzuki, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement et l’Association pour la santé publique du Québec.
« Pendant que les scientifiques, les groupes environnementaux et les professionnels de la santé sonnent l’alarme, les lobbys de l’agrochimie applaudissent ces changements. Les Canadiens sont en droit de se demander qui le gouvernement choisit réellement d’écouter », poursuit le député.
Patrick Bonin souligne également que le Canada autorise déjà plus de 120 pesticides interdits dans l’Union européenne et que l’affaiblissement des règles canadiennes pourrait nuire à la réputation du pays sur les marchés internationaux.
« Alors que plusieurs partenaires commerciaux renforcent leurs exigences environnementales, le gouvernement fédéral choisit de reculer. C’est une décision qui menace à la fois la protection de l’environnement, la confiance du public envers les institutions scientifiques et, à terme, la compétitivité de nos producteurs sur les marchés internationaux », ajoute-t-il.
Le Bloc Québécois demande au gouvernement de retirer ces dispositions du projet de loi et de maintenir l’indépendance des évaluations scientifiques en matière de pesticides.
« Le principe de précaution existe pour protéger la population lorsque des risques sérieux sont identifiés. Nous refusons qu’il soit sacrifié au profit d’intérêts privés. La santé des citoyens et la protection de la biodiversité doivent toujours primer », conclut Patrick Bonin.






