Le budget Carney flirte avec la fumisterie

Ottawa, 5 novembre 2025 Les députés bloquistes Luc Thériault, Gabriel Ste-Marie et Patrick Bonin dénoncent un budget fédéral marqué par une manœuvre comptable visant à maquiller un déficit sans précédent de 78G$, mais qui ne répond à aucune des six demandes incontournables du Bloc qui font consensus parmi les Québécois.

« Personne n’avalera la couleuvre à l’effet qu’on peut maquiller un déficit de 78G$ en prétextant que 45G$ de dépenses, sans être appuyées sur des actifs, constituent des investissements. À titre d’exemple, une dépense comme les transferts aux provinces est comptabilisée dans la colonne des investissements en infrastructures. C’est pourtant le cœur même de ce budget, lequel ne répond pas aux besoins exprimés par les Québécois face aux diverses crises actuelles, et reprises par le Bloc Québécois, notamment en matière de santé et de pouvoir d’achat des aînés. Plus encore, cet exercice financier marque l’abandon de la lutte aux changements climatiques par le Canada. Le caucus du Bloc Québécois est catégorique : c’est non », a confirmé le député de Joliette­—Manawan, Gabriel Ste-Marie.

Non aux demandes du Bloc Québécois

Le gouvernement Carney a choisi de ne pas répondre aux six exigences formulées par le Bloc Québécois à la lumière des besoins exprimés par les milieux économiques, les retraités, les jeunes et le gouvernement du Québec. «  Le gouvernement confirme même qu’il coupera dans les transferts en santé dus au Québec en 2028. Quant au financement des infrastructures en santé, on parle d’environ 300M$ par an pendant trois ans. C’est une somme risible. Rien pour aider les aînés face au coût de la vie exorbitant.», a déploré le député de Montcalm, Luc Thériault. porte-parole du Bloc Québécois en matière de santé.

L’environnement aux oubliettes

Le député de Repentigny a vertement fustigé l’absence quasi totale de mesures de lutte aux changements climatiques dans le budget, alors que les industries des énergies fossiles obtiennent quant à elles une augmentation et une prolongation de crédits d’impôt.

« Les pétrolières pourront continuer d’engranger encore plus d’aide publique pour la captation de carbone et d’autres crédits d’impôt jusqu’en 2040. Tout cela après avoir coupé dans la tarification du carbone des consommateurs, coupé le soutien à l’achat et les quotas de véhicules zéro émission, coupé dans la stratégie pour planter 2 milliards d’arbres, coupé le plafond des émissions des GES et plus encore. Mark Carney avait promis de la compétitivité climatique; il s’agit plutôt d’une capitulation climatique », a dénoncé le député de Repentigny, Patrick Bonin.

Il ajoute: «  De plus, ce budget mise sur des baisses d’impôt et des dépenses militaires douteuses, tout en coupant massivement dans la fonction publique — un plan que Pierre Poilievre aurait pu signer. Rien pour les premiers acheteurs, rien pour rembourser les 814 M$ injustement soutirés aux Québécois, et à peine 9 G$ d’argent neuf en infrastructures, malgré des besoins urgents. En logement, Ottawa choisit la centralisation plutôt que de transférer les fonds sans condition au Québec. Malgré la main tendue du Bloc Québécois, le budget Carney s’avère pétrolier, conservateur et déconnecté des priorités du Québec. »

Quelques bons coups

Le Bloc Québécois se dit toutefois satisfait de quelques mesures. « Sans Xavier Barsalou-Duval du Bloc Québécois, le fédéral n’aurait rien fait pour contrer le problème des chauffeurs à rabais sur nos routes. On avance maintenant vers une solution. Nous nous sommes battus durant des années auprès de l’industrie aérospatiale québécoise pour obtenir la fin d’une taxe de luxe fédérale mal conçue sur l’achat des aéronefs. C’est également nous qui suggérions que le fédéral entreprenne l’étude sérieuse du projet de corridor du Nord et en toute logique la seconde jetée de Port Saguenay, dans le respect des évaluations environnementales et des juridictions du Québec, et souhaité qu’il investisse dans des infrastructures régionales comme la piste de l’aéroport des Îles-de-la-Madeleine, le chantier naval Forillon, Exploramer ou l’Espace Hubert-Reeves. Il y a donc quelques gains dont le Bloc Québécois doit se réjouir », a expliqué M. Bonin.

« Nous ne pouvons que constater que l’exercice de consultation des partis par Mark Carney relevait du spectacle politique. Il a de plus refusé de rembourser les frais encourus de plus de 700M$ par le Québec, qui paie le double de sa juste part pour l’accueil des demandeurs d’asile. Il a refusé de réinstaurer la taxe sur les services numériques, cruciale pour que nos créateurs de contenus québécois cessent de se faire piller par les géants américains. Il a refusé de considérer une subvention salariale pour les Québécois dont l’emploi est à risque avec le conflit commercial face au président américain Donald Trump. Tout cela, et plus encore, pour aboutir à un budget aux priorités conservatrices, mais au déficit bien libéral. En réponse aux relents de fumisterie, les Québécois sont très nettement mieux servis lorsqu’ils font confiance à des Québécois », a conclu Patrick Bonin.

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