Ottawa, le 4 décembre 2025 – Quelques jours à peine après avoir affiché publiquement leur appui à l’amendement du Bloc Québécois visant à mettre fin à l’exception religieuse en matière de discours haineux, les libéraux reviennent déjà sur leur engagement. Ils cèdent cette fois aux pressions exercées par certains groupes religieux. Le député fédéral de Repentigny, Patrick Bonin, déplore vivement cette volte-face.
« Alors que les libéraux avaient accepté de soutenir notre amendement pour enfin mettre un terme au passe-droit accordé aux discours fomentant la haine sous couvert de religion, ils préfèrent maintenant reculer. Cette décision semble découler des pressions de groupes religieux réfractaires. J’invite donc le gouvernement à convoquer, dès la semaine prochaine, le comité parlementaire afin que soit retirée cette exception religieuse du Code criminel. Si le gouvernement refusait de le faire, cela démontrerait clairement le fossé existant entre la société québécoise et l’appareil politique canadien, qui craindrait de corriger cette faille pour des raisons purement électoralistes. D’ailleurs, si les libéraux faisaient preuve du même courage en matière d’exception religieuse qu’ils en montrent lorsqu’il s’agit d’infrastructures pétrolières, ce dossier serait réglé depuis longtemps », affirme Patrick Bonin.
L’amendement du Bloc Québécois visait à abolir la disposition du Code criminel selon laquelle nul ne peut être déclaré coupable de fomenter volontairement la haine s’il exprime une opinion fondée sur un sujet religieux ou sur un texte religieux auquel il adhère.
Lors de la précédente législature, le Bloc Québécois avait déjà déposé un projet de loi pour éliminer cette exception.
« C’est complètement délirant. Il y a moins d’une semaine, les libéraux avaient confirmé leur appui à notre amendement, et voilà qu’ils reviennent aujourd’hui sur leur parole. Avec cette volte-face, ils démontrent à la fois leur manque de courage face aux groupes religieux et leur incompréhension totale du Québec. Ce n’est pourtant pas compliqué : l’Assemblée nationale du Québec est unanime pour que cesse cette exemption. Mettre fin à l’exception religieuse en matière de discours haineux, c’est non seulement essentiel, mais urgent », déplore le député de Repentigny.
Bonin enchaine : « L’exemple le plus frappant demeure la déclaration d’Adil Charkaoui, en octobre 2023, lorsqu’il avait appelé, durant une prière lors d’une manifestation à Montréal, à « recenser et exterminer » les « ennemis du peuple de Gaza ». Comment peut-on croire la parole des libéraux lorsqu’ils affirment vouloir lutter contre les crimes haineux? Ou prétendre parler au nom du Québec? »
« Au Bloc, c’est clair : nous ne cédons ni aux extrémistes ni aux groupes de pression. Nous poursuivrons ce combat coûte que coûte. Que les libéraux se ressaisissent, qu’ils respectent leur engagement et qu’ils convoquent le comité afin de reprendre le travail », conclut Patrick Bonin.






