À la COP30, rencontre avec Maina Vakafua Talia de Tuvalu: quand une nation entière risque de disparaître

Même si je suis de retour de la COP, j’ai encore tant de choses à vous partager donT cette rencontre fort enrichissante avec le président de Tuvalu, l’un de ces tout petits États insulaires qui sont en première ligne de la crise climatique et qui risquent littéralement de disparaître de la carte. 🌊
Tuvalu, c’est à peine 11 000 habitantes et habitants, posé à 2 mètres au-dessus du niveau de la mer en moyenne. Déjà, la mer y a monté d’environ 15 cm en 30 ans et, si rien ne change, une grande partie de la capitale pourrait se retrouver sous la ligne de marée haute d’ici 2050.
Face à cette menace, Tuvalu a conclu avec l’Australie un traité inédit, la Falepili Union, qui permet à jusqu’à 280 Tuvaluanes et Tuvaluans par année d’obtenir un statut de résidence en Australie pour y vivre, travailler et étudier, avec accès aux services essentiels.
C’est présenté comme la première entente de “migration climatique” au monde : une partie de la population a désormais la possibilité de se relocaliser avant que la montée des eaux ne rende les îles inhabitables. Déjà, une proportion importante de la population a posé sa candidature à ce programme, signe de l’angoisse très concrète qui plane sur l’archipel.
Mais ce que m’a surtout frappé dans cet échange, ce n’est pas seulement la question de la mobilité, c’est la peur de perdre une culture, une langue, un territoire, une nation. On ne parle pas que de maisons à déplacer, mais de chants, de traditions, de liens spirituels avec la terre et la mer qui risquent d’être engloutis avec le rivage. Des dizaines d’autres petits États insulaires – dans le Pacifique, l’océan Indien et les Caraïbes – vivent la même urgence, pris entre l’érosion des côtes, la salinisation de l’eau douce et la multiplication des tempêtes.
Comme député d’un pays riche et grand émetteur, j’en reviens avec une conviction encore plus forte : nous avons une responsabilité envers ces peuples qui ont presque rien fait pour causer la crise climatique, mais qui en paient le prix le plus élevé. Défendre une action climatique ambitieuse, c’est aussi défendre le droit des Tuvaluanes et Tuvaluans – et de toutes les populations insulaires – de continuer à vivre chez eux, sur leurs terres, s’ils le souhaitent.
👉 Tant que des nations entières risquent de disparaître sous la mer, on ne pourra pas dire que la communauté internationale a fait sa part.

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