Stratégie automobile fédérale : Des incitatifs dans un marché qui doit être déverrouillé

Ottawa, le 5 février 2026 — En réaction à l’annonce du gouvernement fédéral sur l’électrification des transports, Patrick Bonin, porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Environnement et de Changements climatiques a d’emblée déclaré : « Après avoir arrêté les subventions à l’achat de véhicules électriques pendant un an et suspendu l’obligation de ventes de ces véhicules, voilà que le gouvernement semble se rappeler que les changements climatiques existent alors qu’ils proposent enfin des mesures favorisant l’électrification des transports ».

Le Bloc Québécois réclamait depuis longtemps le retour de ces mesures, mais l’annonce d’aujourd’hui reste insuffisante et n’est qu’un bien pâle vernis vert sur l’ambition noir pétrole de ce gouvernement. M. Bonin a également rappelé que plusieurs juridictions comme le Québec, la Californie ou l’Europe proposent d’ailleurs d’en faire davantage que ce que propose le gouvernement fédéral.

« S’ils veulent véritablement lutter contre les changements climatiques, les libéraux doivent abandonner leur entente avec l’Alberta qui propose l’affaiblissement de la réglementation climatique et un nouveau pipeline d’un million de barils par jour, ce qui leur a valu la démission de Steven Guilbault. Il doit également rétablir le financement du Fond pour les transports en commun qui a été coupé de 5 milliards de dollars, et permettre l’accès des véhicules électriques européens au marché canadien », a renchéri Patrick Bonin.

Le Bloc Québécois dénonce également une approche « incohérente », insuffisamment ambitieuse alors que le gouvernement freine l’accès aux modèles électriques abordables, particulièrement ceux en provenance d’Europe.

Un jeu de dupes

Le gouvernement libéral a annoncé un investissement de 1,5 milliard de dollars pour le déploiement de bornes de recharge. Si la somme paraît importante, le Bloc Québécois rappelle qu’elle cache des coupes sombres dans les leviers de transition les plus efficaces.

« C’est de la poudre aux yeux, lance Patrick Bonin. On nous vante 1,5 milliard pour des bornes, alors que dans le dernier budget, le gouvernement Carney a amputé de 5 milliards de dollars le fonds destiné au transport collectif. C’est un recul majeur pour la mobilité durable au Québec. »,

M. Bonin dénonce également les priorités décalées d’Ottawa : « Pendant que le gouvernement coupe dans les autobus et le métro, il maintient 15 milliards de dollars en subvention pour la capture et le stockage du carbone, un autre cadeau pour les pétrolières et surtout une technologie qui n’a toujours pas fait ses preuves. Le gouvernement subventionne davantage les pétrolières qu’il n’aide les Québécois à se déplacer proprement. »

Le blocage des véhicules européens pointé du doigt

Bien que les incitatifs financiers de 2,3 milliards (jusqu’à 5 000 $ par véhicule) soient de retour, le Bloc souligne que Transports Canada maintient des exigences techniques qui bloquent l’arrivée de modèles européens compacts et abordables.

« Si on veut vraiment réussir le virage électrique, il faut arrêter de mettre des bâtons dans les roues des citoyens, soutient M. Bonin. Des modèles européens sécuritaires circulent partout sur la planète, mais ici, Ottawa invoque des technicalités pour protéger les manufacturiers automobiles de l’Ontario. Le Canada a une entente de libre-échange avec l’Europe : utilisons-la pour faire baisser les prix et laisser entrer les véhicules électriques abordables européens. »

L’abandon des cibles obligatoires : un recul inquiétant

Le Bloc Québécois s’inquiète enfin de la décision d’Ottawa de reculer par rapport aux cibles obligatoires de ventes de véhicules zéro émission d’ici 2035 au profit de « normes d’émissions » moins ambitieuses. Ce recul survient alors que le marché canadien de l’électrification est en pleine déroute, il recule par rapport au reste du monde qui lui avance.

« C’est un aveu d’échec monumental, dénonce Patrick Bonin. Alors que les ventes de véhicules électriques ont chuté de 41 % au pays en 2025, elles ont bondi de 48 % en Allemagne et de 29 % au Mexique. Le Canada est en train de devenir l’exception mondiale du recul électrique parce que le gouvernement plie devant le lobby des manufacturiers et refuse d’ouvrir son marché aux modèles abordables. »

M. Bonin conclut : « Une transition énergétique crédible exige des règles cohérentes et ambitieuses. Le gouvernement ne peut pas demander aux gens de faire le saut vers la mobilité durable s’il restreint l’offre aux modèles les plus massifs et les plus chers tout en sabotant le transport en commun. »

Commencer à taper et appuyer sur la touche - Entrée -