Hier, j’ai eu une rencontre fort enrichissante avec des membres de l’Association du transport urbain du Canada (ATUQ), qui viennent de publier une lettre ouverte importante.
Ils rappellent clairement qu’à quelques mois de l’entrée en vigueur du nouveau Fonds pour le transport en commun du Canada (30 G$ sur 10 ans), les municipalités du Québec n’ont toujours pas accès à leur juste part. Pendant que d’autres provinces planifient déjà leurs projets avec les 5,35 G$ annoncés, les sommes destinées au Québec dorment toujours dans les coffres d’Ottawa.
Chaque mois de retard compromet des projets structurants pour Montréal, Québec, Gatineau, Laval, Longueuil, les régions et pour l’électrification de notre réseau.
Il est temps qu’Ottawa agisse afin que nos municipalités et nos sociétés de transport puissent, elles aussi, bénéficier de ces fonds essentiels dès janvier 2026.
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Lettre ouverte
II est temps que les gouvernements du Québec et du Canada concluent une entente permettant aux municipalités et au transport collectif de bénéficier de fonds importants
Par M. Éric Alan Caldwell, président du CA de l’ATUQ et président du CA de la Société de transport de Montréal ainsi que 11 co-signataires.
17 septembre 2025 – À quelques mois de l’entrée en vigueur du nouveau Fonds pour le transport en commun du Canada (FPTCC), tout indique que le Québec ne pourra compter sur cette enveloppe fédérale essentielle de 30 milliards de dollars sur 10 ans avant quelques années. Alors que 5,35 milliards en financement ont déjà été annoncés aux villes et réseaux de transport des autres provinces, qui peuvent dès maintenant planifier leurs projets en conséquence, aucune entente n’a encore été conclue entre les gouvernements du Québec et du Canada. Résultat : au 1er janvier 2026, date d’entrée en vigueur du FPTCC, la part des sommes qui revient au Québec continuera de dormir dans les coffres d’Ottawa.
Cette impasse survient à un bien mauvais moment! Le Québec fait face à des besoins urgents et des défis immenses en matière d’investissements, notamment en éducation, santé et transport. Pour le transport collectif, cela se traduit notamment par le déficit du maintien des actifs du métro de Montréal et le remplacement de ses trains MR-73. Également, cette situation rend complexe la poursuite de plusieurs projets structurants sur la table à dessin, par exemple le tramway de Québec et celui de Gatineau, des projets à Laval et à Longueuil et celui de l’Est, en plus du chantier de l’électrification de réseau. Dans un contexte budgétaire austère, ce nouveau Fonds fédéral constitue pourtant une solution concrète pour répondre aux besoins du Québec sans alourdir ses finances publiques.
En région, les besoins liés au maintien et au développement de la mobilité sont grandissants. Près d’un québécois sur trois réside à l’extérieur des grands centres. Répondre aux besoins en transport des régions exige des ressources considérables. Sans le soutien des gouvernements du Québec et du Canada, l’offre de ces services essentiels risque de diminuer. C’est d’ailleurs déjà observable dans certaines régions.
Les deux paliers gouvernementaux partagent les mêmes impératifs : soutenir l’économie et sa productivité, accélérer la construction d’infrastructures et de logements, réduire le coût de la vie et la congestion routière. Le transport collectif devrait être au cœur de cette équation, dans la mesure où il soutient des emplois de qualité, améliore la mobilité, réduit la congestion, facilite la construction de logements abordables et réduit les dépenses des ménages dans toutes les villes de la province.
Qu’attendons-nous pour conclure une entente? Chaque mois de retard dans les négociations entre les deux gouvernements compromet la réalisation de projets stratégiques et entraîne des surcouts. L’entente intergouvernementale est d’autant plus urgente qu’une fois conclue, il faudra encore de nombreux mois, voire des années, avant que les sociétés de transport et les municipalités puissent recevoir des fonds. Un nouveau programme de financement devra en effet d’abord être créé, auquel il faudra ensuite soumettre des projets qui seront ultérieurement analysés et autorisés successivement par les deux paliers de gouvernement!
Une obligation de résultats incombe aux gouvernements du Québec et du Canada. Le transport collectif est un levier essentiel pour la mobilité durable, la compétitivité économique et la productivité de demain, et ce, dans toutes les collectivités. Nous appelons donc les deux gouvernements à conclure sans délai une entente pour que le Québec puisse, lui aussi, bénéficier pleinement du FPTCC dès janvier 2026, comme ailleurs au pays.
Co-signataires
- Bernard Bigras, président-directeur général – Association des firmes de génie-conseil du Québec
- André Lavoie, président – Association des Transports Collectifs Ruraux du Québec
- Mme Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction – Chambre de commerce du Montréal métropolitai
- Stéphane Boyer, Vice-président du conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal et maire de la Ville de Laval
- Pierre-Luc Lachance, élu répondant pour la mobilité durable à la CMQuébec et Vice-président du comité exécutif et conseiller municipal à la Ville de Québec
- Me Marie-Claude Perreault, présidente et cheffe de la direction par intérim – Conseil du patronat du Québec
- Mme Véronique Proulx, présidente-directrice générale – Fédération des chambres de commerce du Québec
- Philippe Jacques, co-directeur général et porte-parole – Trajectoire Québec
- Samuel Pagé-Plouffe, coordonnateur – Alliance TRANSIT
- Guillaume Tremblay, président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Mascouche
- Christian Savard, directeur général – Vivre en ville






